de tout et de rien
C'était en août 2004.
J’ai eu une envie irrésistible de faire un film à l’écoute d’un morceau de
la musique,(le grand duel « parte prime ») que j’adore, elle est de Luis Enríquez Bacalov. C’est un compositeur argentin de musiques de films.
Rapidement j'ai dessiné un story board succin pour fixer l’idée qui venait de germer dans ma vieille tête un peu bousculée par les semaines que je venais de vivre.
Je sortais d'un séjour de quinze jours peu agréables à l’hôpital, précédé des quinze jours de souffrance de mes vacances au pays basque. J'avais senti dans mon entourage une certaine inquiétude. C'était bien naturel au vu des douleurs qui m'avaient terrassées.
J’étais parti avec mon épouse et notre unique petite fille, pour deux semaines à Saint Jean de Luz. Dès le lendemain de notre arrivée, une forte douleur abdominale juste au dessus du nombril commença par me tarauder les intestins.
J’ai rapidement cessé de m'alimenter car ceux-ci ne supportaient plus de faire le moindre effort pour digérer. J’avais assez vite compris qu’il y avait un rapport entre le fait de manger et l’augmentation des douleurs. Le matin, après une nuit presque blanche, j’allais un peu mieux, je pouvais aller faire une marche avec mon appareil photo.Dès la fin du repas de midi, j’étais à nouveau, terrassé par la douleur, incapable d’accompagner ma petite fille à la plage. Je décidais donc de ne boire en guise de repas qu’un peu de bouillon de carottes. Chose qui quelques jours plus tôt m’aurait semblé être complètement impossible. Moi, ne plus manger ! Mais la douleur est très dissuasive face à la gourmandise. Je pensais à une intoxication par l’eau. Le médecin consulté m’a donné des antibiotiques, des ‘antidouleurs’, fait faire une échographie, mais n’a pas trouvé d’explication à ces problèmes abdominaux. Tant bien que mal j’ai terminé ces pénibles vacances, fait le voyage retour, pour finir aux urgences le lendemain matin à l’hôpital de Blois. Là, après avoir apaisé mes souffrances et après de nombreux examens, les médecins, au bout de deux semaines, finir par voir grâce au scanner qu’une thrombose de la veine mésentérique était la cause de mes maux.
La thrombose veineuse mésentérique peut se présenter selon un mode aigu, subaigu ou chronique. Elle représente 5 à 10 % des causes d'ischémie digestive et affecte en général l'intestin grêle. Dans 95 % des cas, il s'agit d'une thrombose de la veine mésentérique supérieure. Les symptômes sont aspécifiques, retardant parfois le diagnostic. Le symptôme le plus fréquent est la douleur abdominale, présente dans 84 % des cas. Classiquement, elle contraste avec la pauvreté de l'examen clinique.
Les symptômes dépendent de l'extension du thrombus, de la taille du vaisseau concerné et de l'importance de l'extension en profondeur de l'ischémie au niveau de la paroi digestive.
Le contexte de survenue est parfois plus évocateur lorsque, dans le cas d'une thrombose primitive, une anomalie héréditaire ou acquise de la coagulation est déjà connue, ou, dans le cadre d'une thrombose secondaire, lorsqu'une situation clinique prédisposante (cancer, cirrhose, pancréatite, maladie inflammatoire chronique intestinale, intervention chirurgicale récente...) a été identifiée. La thrombose apparaît alors, à la faveur d'un évènement déclenchant, comme la révélation d'un état d'hypercoagulabilité pré-existant.
Pour les spécialistes.
Les thromboses mésentériques primitives sont le fait d'une anomalie constitutionnelle de la coagulation, elles débutent au niveau des petits vaisseaux pour s'étendre ensuite aux veines de plus gros calibre
Chez environ 70 % des malades
une cause peut être identifiée. La recherche exhaustive d'un état pré-thrombotique doit donc être réalisée. Elle inclut la recherche des déficits en protéine C et S, en antithrombine III, la recherche d'une résistance à la protéine C activée, secondaire ou non à une mutation du gène du facteur V Leiden, la recherche d'une mutation G20210A du gène de la prothrombine, d'une hyperhomocystéinémie (par carence en vitamines B6, B9 et/ou B12, ou par mutation du gène de la méthyltétrahydrofolate réductase (MTHFR)), de la présence d'un anticoagulant circulant ou encore d'un syndrome des antiphospholipides. Il faut savoir que cette recherche peut être faussée si elle est réalisée trop précocement, en particulier au moment de la découverte de la thrombose, puisque les taux de protéine C, S, ou d'antithrombine III peuvent être artificiellement abaissés, et le dosage des anticorps faussement élevé. Les examens endoscopiques sont utiles, à la recherche d'une cause néoplasique ou d'une maladie inflammatoire. Si ce bilan est négatif, il faut penser à chercher une hémoglobinurie paroxystique nocturne, et un syndrome myéloprolifératif par un myélogramme avec culture des progéniteurs de la moelle.

Un petit tour en forêt avec le camescope, une demie heure de montage et voilà, je suis satisfait du résultat et des effets sur mes proches .